( Jean Laroche - Le Journal de Québec ) -
Palmiers, sable, volleyball de plage et restaurant ouvert 24 h: non, vous n'êtes pas sur une île du sud, mais plutôt à Camp Mirage.
En plein coeur du désert du Moyen-Orient, se dresse cet immense camp où plusieurs nations se côtoient.
Dès l'entrée dans la portion canadienne, on se retrouve en terrain connu: devant nous, l'artère principale se nomme La Grande-Allée. Et un écriteau nous indique que nous sommes à quelques 10 398 kilomètres de Québec.
Ici, pas de Maurice, Cosmos ou Dagobert, et encore moins de Vieux-Canons! Mais le restaurant du campement se trouve tout de même sur cette avenue. Et contre toutes attentes, on y mange d'ailleurs très bien. Le menu est varié, et les fruits et légumes sont présents en quantité industrielle. Après Kandahar, les soldats ont droit à un véritable festin. Inutile, toutefois, de chercher de l'alcool. L'ambiance est détendue, à Camp Mirage, mais l'armée a tout de même ses principes!
Particularités
Au coeur de ce désert, on s'étonne de voir plusieurs îlots de verdure, où les militaires ne se gênent d'ailleurs pas pour s'étendre confortablement.
Plus loin sur la Grande-Allée, des habitations aux noms évocateurs, dont le chic Abitibi Lodge, qui, avec ses lits superposés et sa décoration, ressemble en tous points aux auberges de jeunesse européennes.
Quelques particularités sautent également aux yeux. Au sein de ce campement canadien, les prises électriques sont britanniques et on peut acheter des souvenirs au magasin... en argent américain. Allez y comprendre quelque chose!
Activités
Pour ceux que ça intéresse, les activités ne manquent pas, dans ce camp. On y trouve entre autres un terrain de basketball, une patinoire pour le hockey bottine et un terrain de volleyball de plage. D'ailleurs, à ce qu'on raconte, le sable n'a pas été très difficile à trouver, pour construire celui-ci...
Plus loin, on aperçoit une église, un gymnase, un café internet, un dépanneur et une salle multi-fonctionnelle, où différentes activités sont offertes à tous les jours.
Le soir, si on oublie quelques minutes où on est, on a l'impression de traverser un quelconque camping québécois. Devant les baraques, les militaires se rassemblent autour de tables de pique-nique, où trônent parfois des BBQ. Une télévision a même été installée sur l'un des balcons. Dans la tiédeur de la soirée, tous savourent ces moments qui les éloignent de la dure réalité qu'ils viennent de traverser.
Des chats comme défense
Impossible de manquer les nombreux chats de la base, lorsqu'on met le pied à Camp Mirage. Et on nous avertit immédiatement qu'il ne faut surtout pas les nourrir. Pourquoi? Parce qu'ils chassent les serpents (dont certains sont vénéneux) et les araignées.
Et quand on dit araignées, on veut surtout dire monstres, surtout lorsqu'il est question des «Camel spiders». Celles-ci peuvent être grosses comme une main d'adulte, à ce qu'on dit. Et après avoir vu le spécimen bébé à la clinique médicale, on aurait tendance à croire que c'est vrai.
Des oeufs sur l'aile
La température est idéale, ces jours-ci, à Camp Mirage. Le jour, il fait entre 25 et 30 degrés Celcius. Mais entre le début juin et la fin août, la température monte régulièrement au-dessus des 40. Sur le tarmac de l'aéroport, il peut même faire jusqu'à 75 degrés Celcius, soutient le mahor Luc Girouard.
«On peut placer un oeuf sur l'aile des avions et il est cuit en moins de deux minutes», dit-il. Dans ces conditions, pas étonnant qu'il y ait des réfrigérateurs remplis de bouteilles d'eau dans tous les recoins de la base!
Malheureusement populaires
L'arrivée d'un cercueil en provenance de Kandahar est malheureusement toujours un mauvais moment à passer, pour l'équipe de Camp Mirage. Et celle-ci l'a eu plutôt difficile, à son arrivée au camp, alors que six militaires sont morts au cours des trois premières semaines de la rotation.
À chaque fois, l'événement est souligné de grande façon. «Je veux m'assurer que ceux qui tombent au combat ont une cérémonie digne de ce nom. C'était phénoménal de voir 250 personnes sur la piste attendre un cercueil, à 3 h du matin», raconte avec émotions le lieutenant-colonel Yvon Choinière.
En fait, alors que l'état major pensait donner l'ordre aux soldats d'assister à la cérémonie, il a plutôt fallu intervenir pour en retourner quelques-uns aux tâches essentielles. «Ils étaient tous venus d'eux-mêmes», ajoute M. Choinière.
Le wi-fi, un lien nécessaire
Puisque les militaires qui sont déployés en Afghanistan et au Camp Mirage passent près de six mois loin de leur famille, internet devient un outil essentiel pour garder contact avec ceux qu'ils aiment.
Alors imaginez la catastrophe quand tout le système sans fil a planté, au début de l'année. Psychologiquement, un tel événement en affecte plus d'un. «Pour nous, c'est critique. C'est notre lien avec la maison. C'est le genre de problème qu'il faut régler immédiatement», confit le lieutenant-colonel Choinière.
Publié par : Marcel Charland
à 06:41:32
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